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Entorse du poignet qui ne guérit pas : et si c’était le scaphoïde ?

Jeune homme portant un sweat-shirt gris se tenant le poignet avec une expression préoccupée.

Votre douleur au poignet persiste après une chute ? Il pourrait s'agir d'une fracture du scaphoïde. Ne laissez pas traîner ce diagnostic.

Vous êtes tombé sur la main, poignet en arrière, à vélo, en trottinette, au ski ou pendant un match. La radiographie faite dans la foulée a été jugée normale, le diagnostic d’entorse a été posé, et pourtant la douleur à la base du pouce ne passe pas : serrer un objet, prendre appui sur la main ou tourner une clé reste pénible.

Une douleur du poignet qui persiste après une chute sur la main, avec une radiographie initiale normale, doit faire rechercher une fracture du scaphoïde, car cette fracture peut être invisible sur les premiers clichés. Le Dr Marc-Olivier Falcone explique ici les signes qui doivent alerter et la conduite à tenir.

  1. Pourquoi une fracture du scaphoïde passe-t-elle inaperçue ?
  2. Quels signes doivent faire penser au scaphoïde ?
  3. Quels examens permettent de confirmer ou d’écarter la fracture ?
  4. Que risque-t-on si la fracture n’est pas traitée ?
  5. Que faire en pratique après une chute sur la main ?

Pourquoi une fracture du scaphoïde passe-t-elle inaperçue ?

Le scaphoïde est un petit os du poignet, situé du côté du pouce, qui fait le lien entre les deux rangées d’os du carpe, un peu comme une clavette qui relie deux étages. Il se fracture le plus souvent lors d’une chute sur la main tendue, poignet plié en arrière, et concerne surtout des adultes jeunes et actifs.

La douleur est parfois modérée et le gonflement discret, si bien que la personne continue à se servir de sa main et pense avoir une simple entorse. Cette impression est renforcée lorsque la radiographie réalisée le jour de la chute ne montre rien d’anormal.

Or une fracture non déplacée du scaphoïde peut ne pas être visible sur les premiers clichés, le trait de fracture n’apparaissant parfois qu’après quelques jours. Une radiographie initiale normale ne permet donc pas, à elle seule, d’écarter une fracture du scaphoïde lorsque les signes cliniques y font penser.

Quels signes doivent faire penser au scaphoïde ?

Après une chute sur la main, certains signes orientent vers le scaphoïde plutôt que vers une entorse banale :

Aucun de ces signes n’est spécifique à lui seul, mais leur association après une chute sur la main justifie de considérer la fracture comme possible tant qu’elle n’a pas été écartée par l’imagerie. C’est l’examen clinique, plus que l’intensité de la douleur, qui oriente la suite du bilan.

Quels examens permettent de confirmer ou d’écarter la fracture ?

Le premier examen reste la radiographie, à condition qu’elle comporte des incidences spécifiques du scaphoïde, c’est-à-dire des clichés pris sous des angles adaptés à la forme de cet os, et pas seulement une radiographie standard du poignet.

Lorsque ces radiographies sont normales mais que les signes cliniques restent évocateurs, deux attitudes sont possibles. La première consiste à immobiliser le poignet et à renouveler les radiographies entre une semaine et dix jours plus tard, le temps que le trait de fracture devienne visible. La seconde consiste à réaliser d’emblée une IRM ou un scanner, capables de montrer une fracture que la radiographie ne voit pas.

Le scanner précise en outre un éventuel déplacement des fragments, une information qui oriente le choix du traitement. Le déroulement complet du diagnostic et des traitements est détaillé sur la page consacrée à la fracture du scaphoïde et à sa prise en charge.

Que risque-t-on si la fracture n’est pas traitée ?

Le scaphoïde est vascularisé de façon fragile : le sang y arrive principalement par l’une de ses extrémités. Certaines fractures consolident donc difficilement, en particulier celles situées dans la partie haute de l’os, du côté de l’avant-bras, où l’apport sanguin est le plus précaire.

Une fracture qui n’a pas été immobilisée peut évoluer vers une pseudarthrose du scaphoïde, c’est-à-dire une absence de consolidation. Cette situation reste parfois peu douloureuse pendant longtemps, ce qui retarde encore le diagnostic. Le tabac est un facteur reconnu d’échec de consolidation.

Faute de traitement, la pseudarthrose modifie progressivement la mécanique du poignet et peut conduire à une arthrose du poignet. Reconnaître la fracture tôt permet le plus souvent d’éviter cette évolution et de recourir à un traitement plus simple.

Que faire en pratique après une chute sur la main ?

Une douleur du poignet qui persiste après une chute sur la main justifie une consultation, même lorsqu’une première radiographie a été jugée normale. Il est utile d’apporter les clichés et les comptes rendus déjà réalisés, afin d’éviter de refaire inutilement des examens.

Le traitement dépend de la localisation de la fracture sur l’os et de son éventuel déplacement. Certaines fractures sont traitées par une immobilisation du poignet, d’autres par une fixation chirurgicale, parfois réalisée par une petite incision. Le choix se fait après un bilan d’imagerie précis, en tenant compte des activités et du métier du patient. D’autres lésions du poignet, comme une fracture de l’extrémité du radius, peuvent d’ailleurs survenir lors du même type de chute.

Le Dr Marc-Olivier Falcone prend en charge les fractures du scaphoïde ainsi que leurs complications, de la fracture récente à la pseudarthrose.

Une entorse du poignet qui ne guérit pas n’est pas toujours une entorse. Une radiographie initiale normale n’élimine pas une fracture du scaphoïde, et un diagnostic posé tôt simplifie le plus souvent le traitement.

Consultation

Le Dr Marc-Olivier Falcone consulte au cabinet du 3 rue Pérignon (Paris 15e), à l’Hôpital Privé Paul d’Égine (Champigny-sur-Marne) et à la Maison de Santé la Francilienne (Pontault-Combault).

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FAQ

Une fracture du scaphoïde peut-elle être invisible à la radiographie ?

Oui : une fracture non déplacée du scaphoïde peut ne pas apparaître sur les premiers clichés. C’est pourquoi une radiographie initiale normale n’élimine pas cette fracture lorsque les signes cliniques y font penser.

Comment savoir si c’est une entorse ou une fracture du poignet ?

Seuls l’examen clinique et l’imagerie permettent de trancher. Une douleur à la base du pouce, notamment dans la tabatière anatomique, qui persiste après une chute sur la main doit faire rechercher une fracture du scaphoïde.

Où se situe la douleur d’une fracture du scaphoïde ?

La douleur siège du côté du pouce, sur le dos du poignet, dans le petit creux appelé tabatière anatomique. Elle est réveillée par l’appui sur la main, les prises entre le pouce et l’index et la pression du pouce dans son axe.

Que se passe-t-il si une fracture du scaphoïde n’est pas traitée ?

En raison de sa vascularisation fragile, le scaphoïde peut ne pas consolider et évoluer vers une pseudarthrose. Faute de traitement, celle-ci peut conduire progressivement à une arthrose du poignet.

Faut-il une IRM après une chute sur le poignet ?

Pas systématiquement. Lorsque les radiographies spécifiques du scaphoïde sont normales mais que les signes cliniques restent évocateurs, une IRM ou un scanner permet de confirmer ou d’écarter la fracture sans attendre une nouvelle radiographie.

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