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Tendinite de De Quervain à la ménopause : comprendre le lien hormonal

Tendinite de De Quervain et ménopause | Guide 2026

Tendinite de De Quervain et ménopause | Guide 2026

L’essentiel à retenir

  • La tendinite de De Quervain touche environ six fois plus les femmes que les hommes.
  • Le pic de fréquence se situe à la péri- et post-ménopause.
  • La baisse des œstrogènes épaissit la gaine des tendons du pouce.
  • Le traitement médical (orthèse, infiltration échoguidée, kinésithérapie) est proposé en première intention.

Vous avez la cinquantaine. Depuis quelques semaines, vous ressentez une douleur vive du côté du pouce quand vous portez votre petit-enfant, ouvrez un bocal ou essorez une serpillière. Une petite saillie sensible est parfois palpable sur le bord externe du poignet. Vous vous demandez si cette gêne est liée à la ménopause.

La tendinite de De Quervain est une ténosynovite du premier compartiment dorsal du poignet, fréquente chez la femme à partir de la péri-ménopause. Le lien avec la transition hormonale est aujourd’hui bien documenté. Cet article vous explique pourquoi cette tendinite survient préférentiellement à la ménopause, comment elle se diagnostique et quelles solutions thérapeutiques existent. Le Dr Marc-Olivier Falcone, chirurgien orthopédiste spécialisé en chirurgie de la main et du membre supérieur, prend en charge cette pathologie au cabinet de Paris 15e et à la Clinique Jouvenet.

Qu’est-ce que la tendinite de De Quervain ?

Une ténosynovite du premier compartiment dorsal du poignet

Le premier compartiment dorsal du poignet est un tunnel ostéo-fibreux situé à la base du pouce, au-dessus de la styloïde radiale. Deux tendons y coulissent : le long abducteur du pouce et le court extenseur du pouce. Ces tendons sont entourés d’une gaine synoviale qui assure leur glissement.

Quand cette gaine s’épaissit, l’espace de glissement se réduit. Les tendons frottent contre la coulisse osseuse, ce qui crée une inflammation locale et une douleur vive caractéristique au bord radial du poignet.

Une pathologie majoritairement féminine

La tendinite de De Quervain touche environ six fois plus les femmes que les hommes. Le pic de fréquence se situe à la péri- et post-ménopause, c’est-à-dire entre 50 et 65 ans. Cette répartition n’est pas un hasard et oriente directement vers une origine hormonale.

La présence fréquente d’un septum intra-tendineux

Une variante anatomique mérite d’être connue : la présence d’un septum intra-tendineux, c’est-à-dire d’une cloison qui sépare le long abducteur et le court extenseur en deux loges distinctes. Cette particularité, fréquente, peut expliquer la résistance de certaines patientes à une infiltration en aveugle, dont le produit ne diffuse alors que dans une seule des deux loges. L’échographie permet de repérer ce septum avant de proposer un geste thérapeutique.

Pourquoi la ménopause favorise-t-elle cette pathologie ?

Le rôle des œstrogènes sur les gaines tendineuses

Des récepteurs aux œstrogènes ont été identifiés sur les ténocytes et la synoviale tendineuse. À la péri-ménopause, la chute progressive des œstrogènes modifie la qualité du tissu conjonctif. La gaine synoviale s’épaissit, l’espace de glissement se réduit, et le passage des tendons devient mécaniquement plus difficile.

Le syndrome musculo-squelettique de la ménopause

La tendinite de De Quervain s’inscrit dans un cadre plus large décrit dans la littérature récente sous le nom de syndrome musculo-squelettique de la ménopause (Wright VJ et al., Climacteric, 2024). Plus de 70 % des femmes en transition ménopausique rapportent des symptômes musculo-squelettiques globaux — douleurs articulaires, perte de masse musculaire, troubles tendineux — sans que ce chiffre concerne spécifiquement la tendinite de De Quervain.

Les comorbidités fréquemment associées

La tendinite de De Quervain chez la femme ménopausée s’associe souvent à d’autres pathologies hormonales de la main : syndrome du canal carpien, doigt à ressaut, rhizarthrose. Cette association mérite d’être recherchée systématiquement lors de la consultation.

Quels symptômes doivent vous alerter ?

Les manifestations cliniques sont caractéristiques :

Comment se fait le diagnostic ?

L’examen clinique

Le Dr Marc-Olivier Falcone recherche les signes spécifiques de la tendinite de De Quervain : palpation douloureuse de la styloïde radiale, test de Finkelstein, évaluation de la mobilité du pouce et du poignet. L’examen permet aussi d’éliminer d’autres causes de douleur du bord radial, comme la rhizarthrose.

L’échographie en consultation

L’échographie réalisée au cabinet est l’examen de référence. Elle permet de visualiser l’épaississement du rétinaculum, la synovite active autour des tendons, et surtout de rechercher un éventuel septum intra-tendineux. Cette information est précieuse pour adapter la stratégie thérapeutique, en particulier en cas d’infiltration ou de chirurgie.

L’IRM en cas de doute diagnostique

L’IRM est rarement nécessaire. Elle peut être demandée pour éliminer une autre cause de douleur du poignet en cas de présentation atypique ou de doute diagnostique.

Quels sont les traitements possibles ?

Le traitement médical en première intention

Le traitement conservateur est toujours proposé d’abord :

L’infiltration échoguidée de corticoïde

L’infiltration de corticoïde dans la gaine tendineuse, réalisée sous échoguidage, est le geste médical de référence en cas d’échec du traitement conservateur initial. L’échoguidage est particulièrement utile en présence d’un septum intra-tendineux, car il permet de diffuser le produit dans les deux loges. L’efficacité est documentée sur une part importante des patientes selon les séries publiées.

La chirurgie quand le traitement médical est dépassé

Quand le traitement médical bien conduit ne suffit plus, la libération chirurgicale du premier compartiment dorsal est proposée. Plusieurs modalités existent :

Dans tous les cas, l’identification systématique d’un septum intra-tendineux est essentielle pour éviter une libération incomplète. Aucune de ces techniques n’est présentée comme supérieure. Le choix dépend de la sévérité, de la réponse aux infiltrations, des préférences partagées entre la patiente et le chirurgien.

Les suites opératoires

Le geste se réalise en ambulatoire, le plus souvent sous WALANT. Il n’y a pas d’immobilisation systématique. La mobilisation des doigts est encouragée dès le lendemain pour limiter les adhérences. La reprise des activités quotidiennes courantes se fait en quelques jours.

La reprise du travail dépend du poste : de quelques jours pour une activité sédentaire à 3 ou 4 semaines pour un travail manuel sollicitant le pouce. Une gêne résiduelle ou une sensibilité de la cicatrice peut persister plusieurs semaines.

Quels sont les risques et complications ?

Comme toute intervention, la libération du premier compartiment dorsal comporte des risques qu’il faut connaître :

Pour plus de détails sur les suites en chirurgie de la main, vous pouvez consulter la page consacrée aux complications post-opératoires.

Faut-il prendre un traitement hormonal de la ménopause pour soulager la tendinite ?

La question revient en consultation. La littérature scientifique reste aujourd’hui contradictoire sur l’effet du traitement hormonal substitutif (THM) sur les pathologies tendineuses de la main. Le THM n’est pas indiqué pour traiter une tendinite.

La décision d’instaurer ou non un THM relève exclusivement de votre gynécologue ou de votre endocrinologue. Elle s’inscrit dans une évaluation globale de votre situation hormonale, indépendamment de la tendinite. Les soins spécifiques de la main (orthèse, infiltration, kinésithérapie, chirurgie si nécessaire) restent les piliers de la prise en charge locale.

La tendinite de De Quervain s’inscrit dans un tableau plus large

La tendinite de De Quervain partage son mécanisme hormonal avec d’autres pathologies de la main fréquentes à la ménopause : syndrome du canal carpien, doigt à ressaut, rhizarthrose, arthrose des doigts. Lors d’une consultation, le Dr Marc-Olivier Falcone réalise un examen global de la main afin de rechercher les pathologies parfois associées, qui peuvent mériter une prise en charge simultanée ou décalée dans le temps.

💡 Le conseil du Dr Falcone

En consultation, je prends le temps d’expliquer ce lien hormonal souvent méconnu. Comprendre que cette douleur du pouce n’est pas une fatalité liée à l’âge ou au fait de trop porter son petit-enfant, mais s’inscrit dans un cadre biologique précis, change la manière d’aborder la prise en charge. Une échographie en consultation permet de repérer un éventuel septum intra-tendineux, élément qui oriente directement la stratégie thérapeutique.

Questions fréquentes

La ménopause peut-elle provoquer une tendinite de De Quervain ?

La tendinite de De Quervain n’est pas un symptôme direct de la ménopause, mais sa fréquence est nettement plus élevée chez la femme à partir de la péri-ménopause. Le rôle de la baisse des œstrogènes sur la gaine synoviale et les ténocytes est documenté. Elle s’inscrit dans le syndrome musculo-squelettique de la ménopause, qui regroupe les symptômes musculo-squelettiques globaux observés durant cette transition hormonale.

Le traitement hormonal de la ménopause peut-il soulager une tendinite de De Quervain ?

Les données de la littérature sont aujourd’hui contradictoires. Le THM n’est pas indiqué pour traiter une pathologie tendineuse. La décision d’instaurer un THM relève du gynécologue ou de l’endocrinologue, sur la base d’une évaluation globale de la balance bénéfice/risque, indépendamment de la tendinite de De Quervain.

Pourquoi mon poignet me fait mal depuis la ménopause ?

La baisse des œstrogènes modifie la qualité du tissu conjonctif. La gaine synoviale des tendons du premier compartiment dorsal s’épaissit, réduisant l’espace de glissement avec la coulisse osseuse de la styloïde radiale. Ce conflit mécanique provoque une douleur vive du bord radial du poignet. Un examen clinique et une échographie en consultation permettent de confirmer le diagnostic.

Faut-il opérer une tendinite de De Quervain liée à la ménopause ?

Pas systématiquement. Le traitement médical (orthèse, infiltration échoguidée, kinésithérapie) est proposé en première intention et soulage une part importante des patientes. La chirurgie est envisagée en cas d’échec du traitement médical bien conduit ou de récidives rapprochées. Le choix se fait au cas par cas, en consultation.

Combien de temps pour récupérer après une tendinite de De Quervain ?

La durée de récupération dépend du stade et du traitement. Sous traitement médical bien conduit, l’amélioration peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois. Après chirurgie, la mobilisation des doigts est encouragée dès le lendemain. La reprise des activités quotidiennes est progressive, et la reprise du travail dépend du poste, de quelques jours à plusieurs semaines.

L’échochirurgie est-elle adaptée à la tendinite de De Quervain ?

L’échochirurgie est l’une des modalités possibles de libération du premier compartiment dorsal. Elle se réalise sous guidage échographique par une micro-incision et permet d’identifier un éventuel septum intra-tendineux, variante anatomique fréquente. Comme toute technique, elle a ses indications et ses limites. Aucune technique n’est présentée comme supérieure : le choix dépend de la situation clinique.

Cet article a été rédigé par le Dr Marc-Olivier Falcone, chirurgien orthopédiste spécialisé en chirurgie de la main et du membre supérieur, à titre informatif. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale. Chaque situation est unique et nécessite un examen clinique. Dernière mise à jour : mai 2026.

Si vous souhaitez un avis spécialisé, le Dr Marc-Olivier Falcone vous accueille à son cabinet de Paris 15e (3 rue Pérignon) et à la Clinique Jouvenet (Paris 16e).

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