La pratique d’actes d’échochirurgie de la main connaît un essor rapide, porté par les avancées de l’échoguidage interventionnel et celles relatives aux techniques mini-invasives. Si cette approche permet de traiter certaines pathologies de manière efficace et moins lourde que les chirurgies conventionnelles, elle requiert néanmoins des compétences très spécifiques ainsi qu’un matériel et un environnement adapté. Enfin, même en l’absence de cadre légal officiel ou de diplôme spécifiquement reconnu à ce jour, la responsabilité juridique du praticien est pleinement engagée lorsqu’il pose l’indication puis se livre à une échochirurgie de la main.
Echochirurgie de la main : quelles exigences pour sa pratique ?
Seuls les chirurgiens orthopédistes spécialisés en chirurgie de la main et formés à l’échoguidage interventionnel sont à même de se livrer à la pratique d’actes d’échochirurgie de la main en toute sécurité.
Leur réalisation requiert en effet des compétences bien particulières, qu’il s’agisse de repérer en temps réel les structures à protéger (nerfs, vaisseaux), de positionner précisément les instruments percutanés, ou encore d’adapter l’approche en fonction des spécificités anatomiques du patient.
Par ailleurs, au-delà des compétences spécifiques requises, le chirurgien doit aussi disposer du plateau technique adapté : échographe haute résolution, environnement stérile, micro-instruments etc.
La responsabilité du praticien
Bien que de nombreuses formations post-universitaires soient apparues, au sein des sociétés savantes ou des groupes de recherche en échographie interventionnelle, il n’existe pas au niveau national de diplôme spécifique ou de titre réglementé relatifs à la pratique d’actes d’échochirurgie de la main.
Pourtant, du début à la fin de la prise en charge, la responsabilité juridique du praticien est pleinement engagée. Il agit dans le cadre du droit commun, même sans règlementation spécifiquement dédiée, en s’appuyant sur les données scientifiques, les recommandations professionnelles, son expérience et son devoir d’information.
En premier lieu, le spécialiste doit bien entendu recueillir le consentement éclairé du patient, documenter son acte, en assurer une traçabilité totale, et être en capacité de justifier à tout moment la pertinence de sa démarche.
Par ailleurs, en amont du traitement, il est primordial d’écarter les patients à risque (doute anatomique, infection, forme sévère…) pour les réorienter vers une prise en charge chirurgicale classique.
Enfin, il est aussi essentiel de poser les bonnes indications, notamment sur la base de l’échographie préopératoire). Ainsi, le traitement sous échochirurgie de la maladie de Dupuytren ne peut se faire qu’en cas de bride isolée et en l’absence de rétraction articulaire. De même, c’est uniquement dans les cas où le doigt à ressaut implique seulement la poulie A1 qu’une échochirurgie est envisageable. Pour sa part, le syndrome du canal carpien ne peut pas être traité par échochirurgie en cas de formes sévères ou d’atteintes neurologiques avancées.









