Chirurgie du doigt à ressaut (ou à ressort) et du kyste de poulie

Lorsqu’il devient résistant au traitement médical, ou en cas de blocages fréquents et invalidants, une chirurgie peut être nécessaire pour libérer un doigt à ressaut. Il s’agit d’une chirurgie courante et bien codifiée, dans une pratique de chirurgie de la main spécialisée.

Qu’est-ce que la chirurgie du doigt à ressaut ?

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Doigt à ressaut classique

Le traitement d’un conflit isolé entre les tendons fléchisseurs des doigts longs (ou du tendon long fléchisseur du pouce) et le canal digital, consiste à ouvrir la poulie (A1) provoquant le blocage et nettoyer les tendons fléchisseurs de leur inflammation (ténosynovectomie).

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Doigt à ressaut complexe

Lorsque le doigt à ressaut est très ancien et qu’un flessum du doigt existe (l’articulation interphalangienne proximale du doigt reste fléchie et ne peut plus s’étendre complètement), ou bien que le patient ne peut pas enrouler le doigt contre la paume, il s’agit fréquemment d’un conflit intertendineux des tendons fléchisseurs entre eux, nécessitant une technique ajoutée au principe précédent. Elle correspond à la réalisation d’une résection de la bandelette ulnaire du fléchisseur superficiel – USSR (Ulnar superficial sling resection), technique mise au point par le Pr Dominique Le Viet, et reprise par une modification mini invasive par le Dr Falcone dans la publication du journal scientifique international Technics in Hand and Upper Limb Surgery. Désormais, une simple incision transverse dans un pli du doigt permet de compléter le geste en sécurité et en rendant la rançon cicatricielle au strict minimum.

Indications

Lorsque le traitement médical a été tenté et est inefficace, lorsque la participation mécanique est prédominante, ou encore lorsqu’il existe un conflit intertendineux (flessum interphalangien proximal), le traitement chirurgical du doigt à ressaut par un chirurgien spécialiste de la main devient indiqué. 

Dans tous les cas, il faut que la balance bénéfices / risques soit en faveur de la chirurgie pour la proposer.

Déroulement de la chirurgie du doigt à ressaut (ou à ressort)

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Doigt à ressaut

La chirurgie se déroule en ambulatoire, sous anesthésie locale ou locorégionale, sans douleur.

Classiquement, le Dr Falcone utilise des voies transversales mini invasives juste dans la paume, ou dans un pli pour minimiser la cicatrice au maximum. En cas d’USSR, la technique qu’il a décrite nécessite une seconde mini incision dans la paume du doigt.

La fermeture se fait par quelques fils qui sont suffisamment solides pour permettre un pansement léger et surtout une kinésithérapie immédiate.

Le patient doit impérativement bouger rapidement pour limiter les raideurs et les œdèmes du doigt. Un rééducateur spécialisé peut accompagner les patients en sortie d’intervention.

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Cas particulier du kyste de poulie

En cas de kyste de poulie A1 ou T1, l’exposition du doigt à ressaut permet l’extraction de celui-ci dans le même temps.

On repère et on protège les nerfs et les artères situés de chaque côté du doigt et reposant souvent sur le kyste. On réalise alors l’exérèse du kyste et d’un patch de poulie et l’envoi si nécessaire en analyse anatomopathologique des pièces d’extraction chirurgicale.

En cas de kyste de poulie isolé, sans ressaut, la cicatrice sera centrée sur la masse dans un pli de flexion pour être la plus minimaliste possible et favoriser la mobilisation rapide du doigt.

Suites post-opératoires de la chirurgie du doigt à ressaut

Les consignes post-opératoires immédiates sont relativement simples : 

  • Prévoyez des chaussures sans lacets pour le jour de la chirurgie et des vêtements simples à enfiler et à boutonner.
  • Pendant 2 à 3 jours, il faut éviter de mettre sa main de manière prolongée sous le niveau du coude pour éviter les phénomènes de gonflement et d’œdème.
  • Le glaçage ou la mise en place d’une atmosphère fraîche autour de la zone opératoire permet de limiter les gonflements.
  • La prise d’antalgique, même si la chirurgie paraît peu douloureuse, doit être systématique pendant les 48 heures suivant la chirurgie pour faciliter la mobilisation des doigts sans douleur.
  • Juste après la levée de l’anesthésie, il faut mobiliser les doigts normalement et les utiliser à volonté, sans serrer trop fort mais sans se restreindre pour éviter les enraidissements et les adhérences post-opératoires.
  • Le pansement léger sera refait tous les 2 jours pendant 15 jours par une infirmière.
  • Les cicatrices ne doivent pas être mouillées ou salies pendant 2 semaines environ.
  • Un arrêt de travail sera prescrit dès la sortie de l’intervention, si nécessaire.
  • La kinésithérapie est indispensable pour un résultat optimal.
  • Un rendez-vous de consultation post-opératoire sera convenu entre 2 et 3 semaines après la réalisation du geste chirurgical.

Le calendrier de la cicatrisation : ne vous faites pas piéger par les délais.

Il est courant de croire qu’une cicatrisation complète correspond au délai d’ablation des fils, c’est-à-dire 12 à 15 jours.

C’est à la fois vrai et faux !

Vrai, car le plan cutané – la peau – est fermée à ce délai mais faux, car les phénomènes de cicatrisation interne durent beaucoup plus longtemps !

  • Semaine 0 à Semaine 3 : Les 3 premières semaines sont la lune de miel post opératoire, la peau se ferme, on se sent mieux de jour en jour. Conseil de chirurgien : massez vite votre cicatrice et stimulez-la au maximum pour limiter ce qui va suivre
  • De Semaine 3 à Semaine 8 : Les 4 semaines suivantes sont marquées par une phase inflammatoire obligatoire et classique, absolument normale. Elle est d’autant plus intense que les facteurs de croissance du patient sont efficaces et en dose importante. Il existe une augmentation marquée du volume de la cicatrice unique (si doigt à ressaut simple) ou des cicatrices (en cas de USSR associé), des démangeaisons, une rougeur ou une coloration violacée (plus fréquent en cas de tabagisme).
  • De Semaine 8 à Semaine 12 : La diminution de la phase inflammatoire et de ses symptômes est nette de jour en jour, les cicatrices sont fines et filiformes.

 

Quelles sont les séquelles après une opération du doigt à ressaut ?

L’évolution se fera rapidement vers la récupération complète de la mobilité du doigt.

Cette chirurgie bénigne aux suites simples peut devenir longue et douloureuse en cas d’insuffisance de mobilisation. Une attention toute particulière sera donc prise quant à la récupération de l’extension et de l’enroulement du doigt concerné par la chirurgie lors des consultations de contrôle post opératoire.

Il faut parfois 3 à 6 mois pour « oublier » l’intervention, selon la gravité initiale et la demande fonctionnelle en force, différente chez chaque patient(e). A ce délai, souvent, les cicatrices sont quasi invisibles et la force de serrage des doigts est retrouvée. 

Est-ce que le doigt à ressaut peut revenir ?

Dans les conditions normales, la chirurgie du doigt à ressaut est définitive.

Les récidives ou les échecs existent mais correspondent à une ouverture incomplète de la poulie, ou à la nécessité de réaliser un USSR en complément (fréquemment chez les patients diabétiques).

Ce cas de figure exceptionnel doit amener à consulter un chirurgien spécialiste de la main.

Risques et complications de la chirurgie du doigt à ressaut (ou à ressort) et du kyste de poulie

Les complications de la chirurgie du doigt à ressaut sont exceptionnelles, et s’intègrent dans les complications génériques de la chirurgie. Il peut exister des infections ou des hématomes pouvant nécessiter des reprises chirurgicales rarissimes.

L’algoneurodystrophie ou syndrome régional douloureux complexe de type I peut également survenir, indépendamment du geste chirurgical lui-même. Cette liste de complications n’est évidemment pas exhaustive.

Les raideurs sont possibles si la kinésithérapie ou la mobilisation du doigt n’est pas suffisante en post opératoire : bougez vite!!!

Le chirurgien spécialiste de la main vous donnera les détails concernant ces complications potentielles. Afin de limiter les risques, il est bien entendu très important de peser la balance bénéfice/risque avant toute intervention chirurgicale.

Le bénéfice de l’intervention doit être supérieur au risque de ne pas se faire opérer.

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