Tumeurs osseuses bénignes à la main

Alors que les tumeurs des parties molles sont dépistées par une masse sous la peau, les tumeurs osseuses s’expriment à l’occasion de fracture pathologique ou plus rarement par des déformations de l’axe squelettique de la main et des doigts.

La prise en charge de ces lésions est spécifique par un chirurgien spécialiste de la main qui doit assurer la suppression de la lésion osseuse, la conservation de l’axe digital, et souvent la consolidation de l’os.

Quelles sont les tumeurs osseuses bénignes les plus fréquentes ?

  • Chondromes : très fréquents
  • Exostose ostéogénique ou ostéochondrome solitaire
  • Ostéome ostéoïde : exemple sur le col d’un 2e métacarpien
  • Kyste synovial intraosseux
  • Kyste anévrismal
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Exostose ostéogénique ou ostéochondrome solitaire
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Ostéome ostéoïde : exemple sur le col d’un 2e métacarpien
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Chondromes

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Origine histologique

Il s’agit d’une tumeur d’origine cartilagineuse très fréquente (60% des chondromes se situent à la main). Le tissu est bien différencié, la malignité est exceptionnelle.

Ils touchent plus fréquemment les patients aux alentours de la 4e décennie. En cas d’apparition après 60 ans, il faudra envisager une prise en charge en centre régional de référence des tumeurs osseuses car un chondrosarcome devra être évoqué.

Les chondromes peuvent se situer au centre de l’os (enchondrome), en périphérie posés sur une corticale osseuse (chondrome périosté), ou s’intégrer dans une maladie générale appelée maladie des chondromes multiples (maladie d’Ollier = enchondromatose, ou syndrome de Maffucci en cas d’angiomatose associée).

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Diagnostic

Le diagnostic de chondrome est évoqué en cas de découverte fortuite sur une radiographie, plus fréquemment en cas de fracture consécutive à un traumatisme bénin : fracture sur une traction par une laisse de chien, choc minime, torsion minime…

En cas de fracture sur un os porteur d’un chondrome, on parle de fracture pathologique.

La croissance des chondromes est lente, et l’augmentation de volume progressive peut souffler progressivement les corticales osseuses et entraîner une fragilité qui peut provoquer la fracture.

En l’absence de fracture, la douleur est en général absente ou très modérée.

Le bilan d’imagerie comporte initialement des radiographies standards, et peut être complété par un scanner et une IRM.

Les radiographies retrouvent des images lacunaires ou géodes. Des encoches endostées peuvent être visibles, comme des cloisons. En revanche, il ne doit pas y avoir de réaction périostée, qui pourrait remettre en cause le diagnostic.

Le scanner évalue l’état des corticales et apprécie éventuellement la consolidation d’une fracture.

L’IRM peut définir le tissu pathologique, hyalin, relativement caractéristique.

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Traitement des chondromes des doigts et de la main

Dans le cadre d’un chondrome solitaire, le risque de dégénérescence est exceptionnel. Il a été décrit des cas de dégénérescence en cas de chondromes multiples. 

Le risque de fracture pathologique est très élevé. En cas de très petite taille et de certitude radiologique, une surveillance annuelle est possible si le chondrome est non fragilisant et de découverte fortuite.

Dans tous les autres cas, ou au moindre doute, il faudra envisager un traitement chirurgical comportant le protocole suivant :

  • En cas de fracture, il faut la traiter orthopédiquement autant que possible, et attendre sa consolidation pour envisager la suite. En cas d’absolue nécessité de traitement chirurgical, on privilégiera le fixateur externe.
  • Un curetage chirurgical est programmé : il consiste à aborder le chondrome toujours selon les recommandations des abords carcinologiques, le plus simplement vers la corticale la plus fragile. La corticotomie (ouverture de la paroi de l’os) est réalisée au bistouri démontrant la fragilité osseuse, et un curetage minutieux est réalisé.
  • Une tumoroscopie est réalisée à l’aide d’une fibre optique, si besoin, pour vérifier que le curetage est le plus complet possible
  • En cas de nécessité et selon certains critères (fragilité osseuse, proximité d’une articulation, taille de la lésion…), un comblement de la lésion peut être réalisée par une greffe prélevée sur le patient, ou par un substitut osseux généralement en poudre ou en granulés,
  • En cas de fracture pathologique pendant l’intervention, ce qui est exceptionnel, un montage d’ostéosynthèse peut être ajouté.
  • La peau est fermée et une immobilisation peut sécuriser l’intégration osseuse et la guérison finale

Des radiographies de scanner de contrôle peuvent être réalisées pour contrôler la consolidation osseuse et la disparition de la lésion.

Des récidives sont toujours possibles, caractérisées par des IRM si besoin, impliquant une surveillance ultérieure.

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