Lésion SLAP ou tendinite du long biceps : quelle origine ?

par | 2 octobre 2026

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L’essentiel à retenir
Le tendon du long biceps traverse l’épaule et s’attache au bourrelet glénoïdien, ce qui explique que son atteinte et la lésion de ce bourrelet donnent des douleurs très proches, situées à l’avant de l’épaule. Les tests cliniques manquent de spécificité et une anomalie vue à l’IRM n’explique pas toujours la douleur. Dans les deux cas, le traitement commence par la rééducation.

Vous avez mal à l’avant de l’épaule, et selon les praticiens rencontrés on vous a parlé tantôt de tendinite du biceps, tantôt de lésion SLAP. Ces deux termes désignent des atteintes différentes, mais leur confusion est logique, et elle tient à l’anatomie.

Cet article explique ce qui les relie, ce qui les distingue, et pourquoi cette distinction change la suite.

Le trajet du tendon du long biceps

Le biceps possède deux chefs, dont l’un, le long biceps, a un trajet inhabituel. Son tendon remonte le long de la face avant du bras, s’engage dans une goutttière creusée dans l’os, puis pénètre à l’intérieur de l’articulation de l’épaule.

Là, il traverse l’articulation et vient s’attacher au bourrelet glénoïdien, un anneau de fibrocartilage qui borde la surface articulaire de l’omoplate et en augmente la profondeur, un peu comme un joint autour d’une soucoupe peu creuse.

Cette continuité est la clé de tout le sujet : le tendon et le bourrelet forment une unité anatomique. Une contrainte exercée sur l’un se transmet à l’autre, et les deux structures partagent la même innervation, donc la même localisation de douleur.

La tendinopathie du long biceps

Elle se traduit par une douleur de la face antérieure de l’épaule, parfois descendant vers le bras le long du trajet du tendon. Les gestes en cause sont ceux qui sollicitent le biceps contre résistance : porter une charge devant soi, soulever un objet paume vers le haut, ouvrir une porte lourde.

Un point mérite d’être souligné : cette atteinte est rarement isolée. Le tendon partage son espace avec ceux de la coiffe des rotateurs, et une atteinte de la coiffe s’accompagne fréquemment d’une souffrance du long biceps. Traiter l’un sans regarder l’autre expose à des résultats incomplets.

La lésion SLAP

Il s’agit d’une désinsertion du bourrelet glénoïdien à l’endroit précis où s’attache le tendon du long biceps, à la partie supérieure de la surface articulaire.

Deux profils la rencontrent. Le sportif jeune, après un traumatisme en traction sur le bras, une chute sur la main, ou des mouvements répétés au-dessus de la tête comme au lancer, au tennis ou en natation. Et le patient plus âgé, chez qui la lésion s’inscrit dans un contexte d’usure progressive.

Les symptômes sont plus profonds et moins bien localisés que dans la tendinopathie : une douleur au fond de l’épaule, une sensation d’accrochage ou de ressaut, et surtout une perte de puissance sur les gestes bras armé en arrière, que les sportifs décrivent comme une épaule qui ne répond plus.

Le conseil du Dr Falcone
Si vous êtes sportif et que votre plainte principale n’est pas la douleur mais la perte de puissance sur les gestes bras armé, dites-le explicitement en consultation. C’est cette nuance qui oriente vers le bourrelet plutôt que vers le tendon, et elle se perd facilement si l’on ne parle que de douleur.

Pourquoi les deux se confondent

Les deux atteintes donnent une douleur antérieure, aggravée par des gestes largement communs. Les tests cliniques décrits pour les distinguer manquent de spécificité : un même test peut être positif dans les deux situations, et parfois en l’absence des deux.

L’IRM avec injection intra-articulaire de produit de contraste améliore l’analyse du bourrelet, que l’IRM standard explore mal.

Mais une prudence s’impose dans son interprétation. Des aspects de désinsertion du bourrelet existent chez des personnes qui n’ont aucune douleur, et l’aspect de cette zone se modifie naturellement avec l’âge. Une image anormale ne prouve donc pas que la douleur vient de là. C’est la concordance entre l’histoire clinique, l’examen et l’imagerie qui fait le diagnostic.

Ce que cela change pour le traitement

Dans les deux cas, la prise en charge commence par la rééducation et l’adaptation des gestes, en particulier ceux effectués au-dessus de la tête ou bras armé. Beaucoup de patients n’iront pas plus loin.

En cas d’échec, les options divergent. Chez le sujet jeune et sportif porteur d’une lésion SLAP authentique, la réparation du bourrelet peut être envisagée pour restaurer la stabilité de cette zone.

Chez le patient plus âgé, ou lorsque le tendon lui-même est en cause, on s’oriente plutôt vers une ténotomie ou une ténodèse du long biceps. La ténotomie sectionne le tendon pour supprimer la source de douleur, la ténodèse le réinsere plus bas sur l’os. Le choix entre les deux dépend de l’âge, de la demande fonctionnelle et de l’acceptation d’une modification du galbe du bras.

Aucune de ces options n’est supérieure en soi : elles répondent à des situations différentes, et chacune comporte ses risques propres.

FAQ

Comment distinguer une tendinite du long biceps d’une lésion SLAP ?

La tendinopathie donne une douleur antérieure bien localisée, déclenchée par les efforts du biceps. La lésion SLAP donne une douleur plus profonde, avec accrochage et perte de puissance bras armé. Les tests cliniques seuls ne suffisent pas à trancher.

Qu’est-ce que le bourrelet glénoïdien ?

C’est un anneau de fibrocartilage qui borde la surface articulaire de l’omoplate et en augmente la profondeur. Le tendon du long biceps s’y attache à sa partie supérieure.

Une lésion SLAP vue à l’IRM doit-elle toujours être opérée ?

Non. Des aspects de désinsertion existent chez des personnes sans douleur, et cette zone se modifie avec l’âge. Seule la concordance entre l’image, l’examen et l’histoire clinique justifie une indication.

Quelle différence entre ténotomie et ténodèse du biceps ?

La ténotomie sectionne le tendon pour supprimer la douleur, la ténodèse le réinsère plus bas sur l’os. Le choix dépend de l’âge, de la demande fonctionnelle et de l’acceptation d’une modification du galbe du bras.

Peut-on continuer le sport avec une lésion du long biceps ?

C’est possible pour beaucoup d’activités, en adaptant les gestes bras armé et au-dessus de la tête. La rééducation permet souvent de poursuivre. Une perte de puissance persistante justifie une réévaluation.

Cet article a été rédigé par le Dr Marc-Olivier Falcone, chirurgien orthopédiste spécialisé en chirurgie de la main et du membre supérieur, à titre informatif. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale. Chaque situation est unique et nécessite un examen clinique. Dernière mise à jour : août 2026.

Une douleur, une gêne ou une question sur votre main, votre poignet, votre coude ou votre épaule ? Le Dr Marc-Olivier Falcone consulte à Paris 15e, à Champigny-sur-Marne et à Pontault-Combault. Seul un examen médical permet d’établir un diagnostic adapté à votre situation. Prendre rendez-vous.

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