Faut-il une rééducation après une opération du nerf ulnaire ?

par | 27 décembre 2025

Cette actualité appartient aux catégories suivantes : Coude | Les nerfs

La rééducation après une opération du nerf ulnaire au coude n’est pas systématique. Sa nécessité et son intensité dépendent de plusieurs facteurs, notamment la gravité de la compression initiale et la nature exacte de la chirurgie réalisée. Certains patients peuvent récupérer spontanément en pratiquant seuls des exercices de mobilisation douce. Chez d’autres sujets, ils doivent être complétés par un accompagnement rééducatif avec un kinésithérapeute lorsque les déficits moteurs ou les douleurs persistent.

 

La compression du nerf ulnaire au coude et son traitement

Le nerf ulnaire est l’un des principaux nerfs du membre supérieur. Au niveau du coude, sur la face postéro-interne de l’articulation, il traverse le tunnel cubital, un petit canal de nature ostéoligamentaire.

Là, il est susceptible d’être comprimé, sous l’effet de certains gestes répétitifs, d’appuis fréquents et prolongés sur le coude ou à la suite d’une fracture ancienne de l’humérus distal.

Les symptômes de cette compression incluent des engourdissements (4ème et 5ème doigts de la main), une perte de force, voire une fonte musculaire en cas d’atteinte prolongée.

Si les mesures conservatrices instaurées en première ligne s’avèrent inefficaces, une intervention chirurgicale peut alors être envisagée pour décomprimer le nerf.

Selon la sévérité de l’atteinte et l’anatomie du patient, trois techniques existent : la neurolyse simple (libération du nerf sans le déplacer), la transposition antérieure sous-cutanée ou sous-musculaire (le nerf est déplacé en avant du coude), ou la résection de l’épicondyle médial (saillie osseuse sur la partie inférieure de l’humérus) dans les cas plus complexes.

 

Chirurgie du nerf ulnaire au coude : rééducation ou pas ?

La rééducation après une opération du nerf ulnaire au coude n’est pas systématique. Ainsi, dans les cas de formes modérées traitées par neurolyse simple, une mobilisation douce est généralement reprise spontanément, sans recours à la kinésithérapie, sous forme d’exercices en autonomie.

Cependant, ils doivent parfois être complétés par des séances de kinésithérapie. C’est notamment le cas lorsque la compression était sévère, que la transposition du nerf a nécessité une dissection importante ou que le patient présentait une raideur articulaire préexistante.

Ainsi, le recours à un kinésithérapeute est décidé de façon individualisée, en premier lieu sur la base des conclusions de l’examen post-opératoire. Par ailleurs, lorsque les douleurs, les limitations articulaires ou les déficits moteurs persistent, des séances de kinésithérapie permettent d’optimiser la récupération grâce à un programme ciblé de mobilisation passive, d’étirements et de renforcement musculaire.

La rééducation vise alors à restaurer une mobilité complète du coude, éviter les adhérences du nerf transposé, et renforcer les muscles de l’intérieur de la main (muscles intrinsèques) s’ils étaient déficitaires avant l’intervention.

Autrement dit, si certains patients peuvent bénéficier d’un simple programme d’auto-rééducation encadré, d’autres nécessitent en plus un suivi rapproché avec un kinésithérapeute.

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