Épicondylite du coude
L’épicondylite correspond à la désinsertion progressive du corps musculaire des tendons extenseurs du poignet et des doigts au niveau de l’humérus, souvent en rapport avec des activités sportives ou de manutention intenses et répétées, et très aggravées par la consommation tabagique. La prise en charge médicale est au centre du traitement de cette pathologie fréquente.
Définition de l’épicondylite
Appelée également tennis elbow, l’épicondylite est une usure ou une désinsertion du corps musculaire du tendon court extenseur radial du carpe et extenseur commun des doigts au niveau de l’humérus.
Il s’agit donc d’une tendinite de la face externe du coude intégrée dans les troubles musculo squelettiques du membre supérieur.
Causes et symptômes de l’épicondylite
Causes
Les causes principales de l’épicondylite sont les sollicitations répétées ou l’hyper sollicitation des tendons extenseurs du poignet et des doigts.
La qualité naturelle de l’enthèse, c’est-à-dire la zone de jonction entre le tendon et l’os humérale, est altérée par des facteurs traumatiques, des facteurs microtraumatiques à répétition, et la diminution de la qualité de la vascularisation souvent en rapport avec une consommation de tabac, ou même les altérations du collagène au moment de la ménopause chez la femme par exemple, ou chez les patients diabétiques.
Il s’agit d’une pathologie qui peut être classée en maladie professionnelle : les travailleurs au froid, avec vibrations, ou hypersollicitation avec les membres de repos sont des facteurs de risque.
Certaines occupations sont pourvoyeuses de ce type de pathologie comme le tennis ou le bricolage.
Symptômes et motifs de consultation
L’épicondylite provoque des douleurs du coude sur le versant latéral.
Le motif de consultation est une impotence fonctionnelle, parfois conduisant à des arrêts de travail très prolongés.
Le patient présente des difficultés au travail de résistance en extension du poignet et des doigts. Porter une carafe remplie d’eau à bout de bras est, par exemple, difficile voire impossible.
L’évolution est souvent extrêmement longue, de quelques semaines à quelques années.
Parfois, une perte de force notable en extension de certains groupes musculaires doit faire évoquer une atteinte du nerf interosseux postérieur au niveau de l’arcade de Fröhse, ce que l’on appelle un syndrome du tunnel radial. Les deux pathologies peuvent alors être intriquées.
Diagnostic de l’épicondylite
Examen clinique
L’examen clinique recherchera les signes de tendinite des tendons impliqués dans l’épicondylite :
- Douleur à la palpation de l’insertion naturelle anatomique des tendons concernés, au niveau de l’humérus.
- Déclenchement de la douleur à la mise en extension du poignet provoquée par la mise en tension du corps tendineux proximale du tendon court extenseur radial du carpe.
- Déclenchement de la douleur à la mise en extension des doigts longs (et notamment du majeur) provoquées par la mise en tension du corps tendineux proximal du tendon extenseur commun des doigts.
- Déficit d’extension du coude dû à la douleur.
L’examen clinique recherchera également des pathologies tendineuses au coude controlatéral et aux épaules, fréquemment associées.
Il faudra également rechercher signes d’irritation du nerf interosseux postérieur dans le tunnel radial, juste en dessous de la zone de la tendinopathie : faiblesse musculaire notable avec déficit d’extension du poignet et des doigts, scratch collapse test positif au testing du nerf interosseux postérieur.
Examen(s) d’imagerie
A priori, seul l’examen clinique permet de réaliser le diagnostic.
Des examens complémentaires peuvent être proposés en cas de doute diagnostique ou à la recherche de signes spécifiques.
La radiographie standard retrouve parfois des microcalcifications au niveau de l’insertion des tendons épicondyliens et évalue le reste du squelette et de l’articulation du coude.
L’échographie ou l’IRM recherchent les anomalies d’insertion des épicondyliens, des microfissurations, des ruptures partielles, et les éventuels diagnostics différentiels.
En cas de forte suspicion d’un syndrome du tunnel radial, un électromyogramme complémentaire pourra être prescrit.
Épicondylite, ou tennis elbow : traitement
Traitement médical
Un traitement antalgique et anti-inflammatoire peut être prescrit dans la phase de début.
La mise au repos, voire le port d’orthèse, est le traitement restant la référence : un arrêt de travail peut être prescrit et adapté aux activités professionnelles.
L’ensemble des traitements médicaux ont pour but de faire cicatriser les tendons contre l’os :
- La kinésithérapie a toute sa place et est au centre dans la prise en charge en favorisant la cicatrisation profonde des tendons : il s’agit du protocole de Pernot Comtet, recommandé par le Réseau Prévention Main Ile-de-France.
- Les traitements infiltratifs par corticoïdes ne sont plus recommandés : certaines études ont montré l’accentuation des douleurs après la fin de leur efficacité, par leur effet anti-inflammatoire et anti-cicatrisant.
- Les traitements infiltratifs par PRP semblent montrer des résultats satisfaisants, lorsqu’ils sont réalisés par des radiologues entraînés sous contrôle échographique.
Traitement mini-invasif et chirurgical de l'épicondylite
Quand envisager un traitement mini-invasif ou chirurgical ?
Le recours à un geste mini-invasif ou chirurgical ne se justifie qu’après échec d’un traitement médical complet et bien conduit, c’est-à-dire :
- Kinésithérapie excentrique réalisée correctement pendant au moins 3 à 6 mois (protocole de Stanish ou protocole de Pernot Comtet recommandé par le Réseau Prévention Main Île-de-France).
- Ondes de choc extracorporelles (3 à 5 séances) si disponibles.
- Adaptation ergonomique du poste de travail et des gestes sportifs.
- Infiltrations de PRP (plasma riche en plaquettes) réalisées sous contrôle échographique : 1 à 3 injections espacées de 4 à 6 semaines, avec évaluation des résultats à 3-6 mois.
Les infiltrations de corticoïdes ne sont plus recommandées en première intention dans l’épicondylite chronique, en raison d’un risque d’effet rebond et de fragilisation tendineuse à moyen terme.
Si ce parcours médical a été suivi rigoureusement pendant 6 à 12 mois sans amélioration suffisante, une consultation spécialisée avec un chirurgien du membre supérieur est alors indiquée pour évaluer les options mini-invasives ou chirurgicales.
La ténotomie percutanée échoguidée
Lorsque le traitement médical n’a pas permis une guérison satisfaisante, le Dr Marc-Olivier Falcone peut proposer une ténotomie percutanée sous contrôle échographique.
Ce geste mini-invasif consiste à fenestrer le tissu tendineux dégénératif à l’aide d’une aiguille, sous guidage échographique en temps réel. L’objectif est de relancer le processus naturel de cicatrisation dans une zone où la vascularisation est défaillante.
Déroulement :
- Geste réalisé sous anesthésie loco-régionale en ambulatoire
- Durée : 15 à 20 minutes.
- Guidage échographique permanent permettant une précision millimétrique et une sécurité optimale (visualisation du nerf radial, des vaisseaux et du tendon sain en temps réel).
- Reprise des activités légères en quelques jours, récupération progressive sur 6 à 12 semaines.
Avantages du guidage échographique : la visualisation directe des structures anatomiques permet de cibler exclusivement la zone pathologique du tendon, en préservant les fibres saines et en évitant les structures nerveuses et vasculaires de voisinage. Cette précision réduit les risques par rapport à un geste réalisé sans imagerie.
Le débridement par arthroscopie du coude
Pour les formes les plus sévères ou en cas d’échec de la ténotomie percutanée, le Dr Falcone pratique un débridement arthroscopique du coude.
Cette intervention consiste à réséquer le tissu tendineux dégénératif sous contrôle visuel direct, à l’aide d’une caméra introduite par des incisions millimétriques. L’arthroscopie permet également d’explorer l’articulation du coude et de traiter d’éventuelles lésions associées (corps étrangers intra-articulaires, plica synoviale).
Déroulement :
- Intervention réalisée à la Clinique Jouvenet (Paris 16e) en ambulatoire.
- Anesthésie locorégionale.
- Durée : 20 à 40 minutes.
- Retour à domicile le jour même.
En cas de syndrome du tunnel radial associé (compression du nerf interosseux postérieur), une exploration chirurgicale à ciel ouvert est préférée car elle permet de traiter la désinsertion tendineuse et la libération nerveuse dans le même temps opératoire.
Résultats attendus et limites
Le taux d’amélioration après traitement chirurgical d’une épicondylite chronique réfractaire est de l’ordre de 80 à 85 % dans la littérature médicale. La récupération complète s’étend généralement sur 3 à 6 mois, avec une rééducation progressive supervisée par un kinésithérapeute.
Il est important de noter que 15 à 20 % des patients conservent une gêne résiduelle après chirurgie, quelle que soit la technique employée. Ce taux reflète la nature complexe de la tendinopathie chronique, et non un défaut de la technique chirurgicale.
L’arrêt de travail varie de 2 à 6 semaines selon l’activité professionnelle et la technique utilisée.
Risques et complications
Comme tout geste interventionnel, la ténotomie percutanée et l’arthroscopie du coude comportent des risques rares mais existants :
- Infection du site opératoire (exceptionnelle).
- Hématome local.
- Lésion nerveuse (nerf interosseux postérieur, nerf radial) — risque minimisé par le guidage échographique ou arthroscopique.
- Raideur articulaire transitoire.
- Récidive de la tendinopathie.
- Algodystrophie (syndrome douloureux régional complexe) — rare.
Le Dr Falcone vous informe en détail de ces risques lors de la consultation préopératoire, conformément à son obligation d’information loyale.
💡 Le conseil du Dr Falcone
« Je ne propose un geste interventionnel sur une épicondylite qu’après échec d’un traitement médical complet et bien conduit, généralement sur une période de 6 à 12 mois. Lors de la consultation, l’échographie me permet d’évaluer précisément l’état du tendon — épaississement, fissuration, néovascularisation — et de déterminer si un geste percutané échoguidé ou une arthroscopie est le plus adapté à votre situation. Si votre parcours médical est encore en cours, je peux vous orienter vers des kinésithérapeutes spécialisés dans le protocole excentrique et vous accompagner dans la décision thérapeutique. »
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2 Commentaires
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bonjour,
pour une chirurgie du coude c est quoi la meilleure technique et laquelle est plus efficace?
si l operation echoue pour une tenotomie quel autre traitement peut – on envisager pour la suite?
merci pour votre retour
vanessa
bonsoir,
trop premature pour avoir un retour?
faut que je sois patiente c est ca?
bonne soirée
Madame Lacoua