Traitement mini-invasif et chirurgie de l’épicondylite à Paris

L’épicondylite est une tendinopathie des extenseurs du poignet au niveau du coude dont le traitement est avant tout médical. Lorsque la kinésithérapie excentrique, les infiltrations de PRP et l’adaptation ergonomique ne suffisent pas après 6 à 12 mois de prise en charge bien conduite, le Dr Marc-Olivier Falcone propose deux approches interventionnelles selon la sévérité : la ténotomie percutanée échoguidée et le débridement par arthroscopie du coude à la Clinique Jouvenet (Paris 16e).

Qu’est-ce que la chirurgie de l’épicondylite ?

Le traitement médical comporte les antalgiques, les anti-inflammatoires, la mise au repos et les orthèses, la kinésithérapie, et les infiltrations de PRP.

Le point commun de tous les traitements médicaux est de tenter une cicatrisation spontanée des tendons épicondyliens contre leur insertion sur l’humérus.

Le traitement chirurgical, quant à lui, désinsère définitivement les tendons épicondyliens concernés par la pathologie (court extenseur radial du carpe, extenseur commun des doigts) afin de supprimer la tension au niveau de la zone douloureuse. Les taux d’échec sont de l’ordre de 20 %.

Pour pratiquer cette désinsertion, deux techniques principales existent :

  • La désinsertion à ciel ouvert avec une incision de la peau, avec un décollement préalable des tendons normaux recouvrant les tendons malades. Cette technique peut être combinée à une libération du nerf radial au niveau de sa branche profonde (nerf interosseux postérieur) lorsque le syndrome du tunnel radial est confirmé. Il s’agit alors d’une toute autre prise en charge pour une pathologie annexe.

 

  • La désinsertion sous arthroscopie avec des incisions millimétriques, en passant par l’articulation par une caméra, sans désinsérer les tendons sains.
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Quand un traitement interventionnel est-il indiqué ?

Le recours à un geste mini-invasif ou chirurgical ne se justifie qu’après échec d’un traitement médical complet et bien conduit. Le Dr Falcone ne propose une prise en charge interventionnelle que si le parcours médical suivant a été réalisé sans amélioration suffisante :

  • Kinésithérapie excentrique pendant au moins 3 à 6 mois : protocole de Stanish ou protocole de Pernot Comtet recommandé par le Réseau Prévention Main Île-de-France. Les exercices quotidiens à domicile et la régularité sont essentiels à l’efficacité du traitement.
  • Ondes de choc extracorporelles (3 à 5 séances) lorsque disponibles.
  • Adaptation ergonomique du poste de travail et des gestes sportifs ou professionnels.
  • Infiltrations de PRP (plasma riche en plaquettes) sous contrôle échographique : 1 à 3 injections espacées de 4 à 6 semaines, avec évaluation des résultats à 3-6 mois.
  • Arrêt du tabac : la consommation tabagique altère significativement la vascularisation tendineuse et compromet la cicatrisation. Son arrêt est impératif, que le traitement soit médical ou chirurgical.

Les infiltrations de corticoïdes ne sont plus recommandées en première intention dans l’épicondylite chronique, en raison d’un risque d’effet rebond et de fragilisation tendineuse à moyen terme.

En pratique, la consultation chirurgicale est indiquée lorsque :

  • La douleur persiste malgré 6 à 12 mois de traitement conservateur bien conduit.
  • Au moins une série de kinésithérapie excentrique et une infiltration de PRP ont été réalisées sans succès durable.
  • La gêne fonctionnelle impacte significativement le travail ou le sport.
  • L’imagerie (échographie ou IRM) objective des lésions tendineuses structurelles : fissuration, calcification, néovascularisation pathologique.

La ténotomie percutanée échoguidée

Lorsque l’imagerie confirme des lésions tendineuses accessibles à un geste percutané et qu’il n’y a pas de pathologie intra-articulaire ou nerveuse associée, le Dr Falcone peut proposer une ténotomie percutanée sous contrôle échographique.

Principe

Ce geste mini-invasif consiste à fenestrer le tissu tendineux dégénératif à l’aide d’une aiguille, sous guidage échographique permanent. L’objectif est de relancer le processus naturel de cicatrisation dans une zone où la vascularisation est devenue défaillante. La fenestration crée des micro-lésions contrôlées qui stimulent un afflux sanguin et une réponse cicatricielle locale.

Déroulement

  • Geste réalisé sous anesthésie locorégionale
  • Durée : 15 à 20 minutes.
  • Guidage échographique permanent : la sonde permet de visualiser en temps réel le tendon pathologique, le nerf radial et les structures vasculaires, assurant une précision millimétrique et une sécurité optimale.
  • Le patient repart immédiatement avec un simple pansement.

Suites et récupération

  • Repos relatif du coude pendant 2 à 3 semaines (limitation des gestes de force et de répétition).
  • Reprise progressive des activités.
  • Rééducation à distance du geste (à partir de la 3e-4e semaine) pour consolider la cicatrisation.
  • Récupération progressive sur 6 à 12 semaines. Les résultats définitifs se jugent à 3 mois.
  • Arrêt de travail : variable selon l’activité, de quelques jours (travail sédentaire) à 3-4 semaines (travail manuel).

Avantages

  • Anesthésie loco régionale
  • Précision du guidage échographique : le geste cible exclusivement la zone pathologique en préservant les fibres tendineuses saines et les structures nerveuses de voisinage.
  • Suites opératoires légères par rapport à l’arthroscopie.
  • Peut être proposé en alternative ou en complément d’une infiltration de PRP.

Limites

La ténotomie percutanée n’est pas adaptée à toutes les épicondylites. Elle n’est pas indiquée en cas de :

  • Lésions intra-articulaires associées nécessitant une exploration arthroscopique.
  • Syndrome du tunnel radial confirmé nécessitant une libération nerveuse.
  • Forme très évoluée avec rupture tendineuse complète.

Dans ces situations, l’arthroscopie du coude est privilégiée.

Déroulement de la chirurgie arthroscopique de l’épicondylite

Pour les formes sévères, les épicondylites avec pathologie intra-articulaire associée, ou en cas d’échec de la ténotomie percutanée, le Dr Falcone pratique un débridement arthroscopique du coude.

Principe

L’arthroscopie consiste à introduire une caméra et des instruments miniaturisés par des incisions millimétriques pour désinsérer le tissu tendineux dégénératif sous contrôle visuel direct. Cette technique permet également d’explorer l’articulation du coude et de traiter d’éventuelles lésions associées (corps étrangers, plica synoviale, capsulite).

Les tendons concernés sont le court extenseur radial du carpe et l’extenseur commun des doigts, désinsérés au niveau de leur insertion sur l’humérus. L’objectif est de supprimer la tension exercée sur la zone pathologique.

Déroulement

  • Intervention réalisée à la Clinique Jouvenet (Paris 16e) en ambulatoire (entrée et sortie le même jour).
  • Anesthésie locorégionale.
  • Installation en décubitus latéral, bras sur un appui, avant-bras pendant.
  • Garrot positionné pour optimiser la visualisation.
  • Deux incisions millimétriques : une en face interne du coude (caméra) et une en face externe (instruments).
  • Le chirurgien procède au nettoyage de la capsule articulaire, à la désinsertion du tissu tendineux pathologique, et éventuellement à un avivement osseux de l’humérus pour favoriser la cicatrisation.
  • Durée : 20 à 40 minutes.
  • Fermeture par points résorbables et pansement renforcé.
  • Une attelle de repos peut être positionnée (facultatif).

Cas particulier : syndrome du tunnel radial associé

En cas de compression du nerf interosseux postérieur dans le tunnel radial confirmée par l’examen clinique et éventuellement un électromyogramme, la technique arthroscopique n’est pas suffisante. Le Dr Falcone pratique alors une exploration chirurgicale à ciel ouvert qui permet de traiter dans le même temps opératoire la désinsertion tendineuse et la libération nerveuse.

Suites post-opératoires de la chirurgie de l’épicondylite

Après ténotomie percutanée échoguidée

  • Simple pansement, pas d’attelle.
  • Antalgiques simples pendant quelques jours.
  • Repos relatif 2 à 3 semaines, puis reprise progressive.
  • Kinésithérapie à partir de la 3e-4e semaine.
  • Arrêt de travail : quelques jours à 3 semaines selon l’activité.

Après arthroscopie du coude

  • Traitement antalgique et anti-inflammatoire en l’absence de contre-indication.
  • Soins de pansements simples, réalisés par une infirmière pour plus de confort.
  • Attelle de repos facultative pendant les premiers jours.
  • Arrêt de travail adapté à l’activité professionnelle : de 2 semaines (bureau) à 6 semaines (travail manuel).
  • Rééducation à partir de la 2e à 4e semaine : récupération des mobilités en extension, flexion et supination, puis renforcement progressif.

Dans les deux cas

La poursuite de l’arrêt du tabac est impérative pour favoriser la cicatrisation tendineuse. La récupération complète s’étend généralement sur 3 à 6 mois, avec une amélioration progressive de la force et de la fonction.

Résultats attendus et limites

Le taux d’amélioration ou de guérison après traitement interventionnel d’une épicondylite chronique réfractaire est de l’ordre de 80 à 85 % dans la littérature médicale, quelle que soit la technique employée.

Il est important de noter que 15 à 20 % des patients conservent une gêne résiduelle malgré un traitement bien conduit. Ce taux reflète la nature complexe de la tendinopathie chronique et ne traduit pas un défaut de la technique chirurgicale. Les facteurs de moins bon pronostic comprennent l’ancienneté des symptômes, la poursuite du tabagisme, les formes bilatérales et les contextes de maladie professionnelle avec maintien de l’exposition au risque.

Le Dr Falcone vous présente ces données de manière transparente lors de la consultation préopératoire afin que vous puissiez prendre une décision éclairée.

Risques et complications de la chirurgie du tennis elbow (ou épicondylite)

Comme tout geste interventionnel, la ténotomie percutanée et l’arthroscopie du coude comportent des risques rares mais existants dont vous êtes informé lors de la consultation préopératoire :

  • Infection du site opératoire (exceptionnelle, favorisée par le tabagisme).
  • Hématome local.
  • Lésions nerveuses (nerf radial, nerf interosseux postérieur, nerf médian, nerf ulnaire) — risque minimisé par le guidage échographique ou arthroscopique, mais pouvant être transitoires ou, exceptionnellement, définitives.
  • Lésions vasculaires des troncs artériels du membre supérieur (exceptionnel en arthroscopie).
  • Raideur articulaire transitoire.
  • Récidive de la tendinopathie, notamment en cas de reprise précoce des activités à risque ou de poursuite du tabagisme.
  • Algodystrophie (syndrome douloureux régional complexe) — rare mais possible après tout geste sur le membre supérieur.

Pour en savoir plus sur les complications chirurgicales générales, consultez notre page dédiée aux complications post-opératoires.

Le conseil du Dr Falcone

« Je ne propose un geste interventionnel sur une épicondylite qu’après échec avéré d’un traitement médical complet. Lors de la consultation, l’échographie me permet d’évaluer précisément l’état de vos tendons — épaississement, fissuration, néovascularisation — et de déterminer si une ténotomie percutanée au cabinet ou une arthroscopie à la Clinique Jouvenet est la plus adaptée à votre situation. Si votre traitement conservateur est encore en cours ou insuffisamment conduit, je préfère vous orienter vers des kinésithérapeutes spécialisés dans le protocole excentrique et vous revoir à distance. L’objectif est de vous opérer au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard. »

Cet article a été rédigé par le Dr Marc-Olivier Falcone, chirurgien orthopédiste spécialisé en chirurgie de la main et du membre supérieur à Paris, à titre informatif. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale. Chaque situation est unique et nécessite un examen clinique pour établir un diagnostic et proposer un traitement adapté.

Si vous souhaitez une évaluation spécialisée de votre épicondylite, le Dr Falcone vous accueille à son cabinet de Paris 15e (3 rue Pérignon). Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne via Doctolib.

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8 Commentaires

  1. Marié

    Mr le chirurgien

    Suite à une échographie du coude, on m’a diagnostiqué le nerf coincé volumineux, lors de mon hospitalisation pour plastie mitrale, en mars 2023 des brûlures intenses’,sont apparus,. Au niveau du coude. De très fortes douleurs
    Malgré des anti inflammatoire et anti douleur, rien n’y fait.
    on m’a redemandé un EMG, afin d’être sûr que ça venait du nerf ulnaire, puisque celui de janvier n’est pas sur.
    Je me demande pourquoi l’échographie n’est pas suffisante.
    Je vous remercie de votre avis.

    Réponse
    • Dr Marc-Olivier Falcone

      Bonjour
      La documentation d’une compression ou d’une lésion nerveuse périphérique, comme une compression du nerf ulnaire au coude, implique un examen physiologique comme un EMG. L’échographie voit l’organe, l’EMG voit sa fonction. Bien cordialement

      Réponse
  2. Lacoua

    bonsoir,
    je dois moi aussi me faire operer du coude mais je suis surprise des 20 pour cent des echecs c est enorme moi j espere beaucoup de cette intervention, mon chirurgien a bien insisté sur les risques.
    je vais rester optimiste .
    merci pour votre point de vue.
    bonne journée
    cordialement
    Madame Lacoua

    Réponse
    • Dr Marc-Olivier Falcone

      Je vous souhaite un excellent rétablissement!

      Réponse
      • lacoua vanessa

        bonjour,
        ca y est c est fait , je ne souffre pas trop mais ca tiraille pas mal mais il a fait le canal carpien en meme temps.
        par contre il m a dit que j avais une dechirure musculaire ca ne doit pas etre courant? peu etre j ai trop sollicite mon tendon et ca a charge sur le muscle?
        je revois le chirurgien le 14 mars et c est la que je serai si ca a marché ou pas?
        je croise les doigts.
        merci pour vos encouragements.

        Réponse
        • Dr Marc-Olivier Falcone

          Le résultat est souvent long à obtenir pour l’epicondylite, plusieurs semaines. Donc patience ! Bonne fin de rétablissement

          Réponse
  3. Silvia Hypolite Misrachi

    Bonjour,

    Est-ce envisageable comme opération pour une fissure du tendon du coude?

    Cordialement

    Réponse
    • Dr Marc-Olivier Falcone

      Je vous remercie pour votre message, mais je ne peux pas me prononcer sur la pertinence d’une intervention chirurgicale pour une fissure du tendon du coude sans avoir plus d’informations sur votre situation et sans avoir réalisé un examen clinique.
      En effet, la prise en charge d’une fissure tendineuse dépend de nombreux facteurs :

      La localisation exacte et l’étendue de la lésion
      Son ancienneté
      Vos symptômes
      Votre niveau d’activité
      Les traitements déjà entrepris

      Je vous invite donc à prendre rendez-vous à mon cabinet pour une évaluation complète : https://dr-falcone.com/contact
      Merci d’apporter vos examens d’imagerie lors de la consultation.
      Bien cordialement,
      Dr Falcone

      Réponse

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