De plus en plus de patients bénéficient aujourd’hui de chirurgies de la main réalisées directement au cabinet médical. Moins contraignante, plus rapide et souvent mieux tolérée, cette solution suscite toutefois une interrogation légitime. Celle-ci est relative à la possibilité d’un risque accru de l’office surgery par rapport à une intervention réalisée en milieu hospitalier.
Essor de l’office surgery
L’expression « office surgery » désigne des interventions réalisées au cabinet du chirurgien, c’est-à-dire en dehors du cadre traditionnel du bloc opératoire. Le développement de cette approche a été rendu possible par les progrès réalisés en termes de techniques mini-invasives et d’anesthésie, en particulier le protocole WALANT.
Et, tous les chiffres disponibles le montrent, ce mode de prise en charge est en plein essor. Ainsi, sur la dernière décennie, pour des pathologies comme le doigt à ressaut ou les kystes de la main, on observe une augmentation des actes d’office surgery au détriment du bloc opératoire pouvant atteindre 10 % (Moving Minor Hand Surgeries Out of the Operating Room and Into the Office-Based Procedure Room: A Population-Based Trend Analysis, Kazmers et al., 2023).
Un risque accru de l’office surgery ?
La réalisation d’une office surgery en toute sécurité nécessite des conditions strictes. Lorsqu’elles sont réunies, il n’existe pas de risque accru de l’office surgery par rapport à une intervention en milieu hospitalier. C’est notamment ce que montre une étude récente concernant la libération du canal carpien (Comparison of Complication Risk for Open Carpal Tunnel Release: In-office versus Operating Room Settings, Randall et al., 2021).
En premier lieu, ce mode de prise en charge doit être réservé à des gestes superficiels pratiqués sur des tissus facilement accessibles. À titre d’exemple, en chirurgie de la main, la libération d’un doigt à ressaut, le traitement de la maladie de Dupuytren ou la chirurgie du canal carpien peuvent, dans certains cas bien sélectionnés, être réalisés en office surgery.
D’autre part, cette chirurgie au cabinet du praticien ne doit jamais être envisagée dans des situations complexes, infectées ou à risque. De plus, l’environnement doit permettre des conditions d’asepsie strictes, équivalentes à celles du bloc opératoire : désinfection cutanée, matériel stérile et, plus généralement, éviction de tout facteur qui pourrait favoriser une contamination.
Par ailleurs, le recours à l’échoguidage, qui nécessite un équipement très spécifique, est indispensable, pour permettre de visualiser en temps réel les structures anatomiques (nerfs, tendons, vaisseaux) afin d’assurer une précision optimale des gestes.
Enfin, ce mode opératoire exige une extrême rigueur et une compétence technique très pointue du praticien, non seulement pour la chirurgie elle-même, mais aussi pour poser l’indication d’une intervention en office surgery. En effet, elle ne convient ni à tous les patients, ni à toutes les pathologies : en la pratiquant, le chirurgien engage directement sa responsabilité légale.
Sous ces différentes conditions, l’office surgery constitue une alternative efficace et sûre, sans compromis sur la qualité des soins.
Cette approche offre par ailleurs des avantages certains : réduction des coûts, environnement moins stressant pour le patient, abaissement du risque infectieux lié aux séjours prolongés à l’hôpital, retour immédiat au domicile, convalescence simple et récupération plus rapide. Pour finir, à l’heure où l’hôpital fait face à des tensions logistiques significatives, l’essor de l’office surgery va sans doute contribuer à améliorer l’accès aux soins.









