Opération du nerf ulnaire : quelle convalescence ?

par | 14 mars 2026

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La convalescence après opération du nerf ulnaire au coude est généralement simple. La récupération neurologique n’est cependant pas systématique et, si elle a lieu, peut prendre jusqu’à 18 mois. Pour la favoriser et éviter un enraidissement, la mobilisation précoce de l’articulation est essentielle, en autonomie ou via des séances de kinésithérapie.

 

La compression du nerf ulnaire au coude

Au niveau du bras, le nerf ulnaire longe le côté interne de l’humérus. Il traverse ensuite la face postérieure du coude, entre l’épicondyle médial et l’olécrâne, puis pénètre dans l’avant-bras en passant sous l’arcade du muscle fléchisseur ulnaire du carpe.

La compression du nerf ulnaire au coude, ou « syndrome du tunnel cubital », induit des douleurs dans cette région. Ses autres manifestations vont de simples paresthésies dans les 4e et 5e rayons de la main (fourmillements, picotements ou engourdissements dans les doigts) à une paralysie complète des muscles intrinsèques de la main. Le patient éprouve alors des difficultés pour certains gestes fins, comme écarter ou rapprocher les doigts ou encore effectuer un mouvement de pince.

Aux premiers stades de la pathologie et sans déficit moteur, c’est un traitement médical et postural qui est proposé. Son efficacité n’est cependant pas systématique et une chirurgie est parfois indispensable, notamment en cas de déficit moteur ou d’aggravation des symptômes, afin d’éviter des atteintes nerveuses irréversibles.

 

Convalescence après opération du nerf ulnaire

Le traitement chirurgical nécessite une incision de 4 à 6 cm sur la face interne du coude. La cicatrisation cutanée est généralement effective après 2 semaines et, avant ça, les pansements doivent être changés tous les 3 à 4 jours.

Les douleurs post-opératoires sont modérées et bien prises en charge par les antalgiques prescrits. D’autre part, l’ecchymose qui se forme sous la peau disparaît en quelques semaines.

Une consultation post-opératoire avec le chirurgien est planifiée environ 3 semaines après la chirurgie. Elle a pour objectif de suivre la disparition des douleurs et le stade de récupération sensitive et motrice.

Celle-ci est parfois longue (jusqu’à 18 mois) et n’est de toute manière pas systématique : le but de l’intervention est de stopper l’évolution de la pathologie. Néanmoins, pour favoriser la récupération neurologique et éviter les enraidissements, il est indispensable de procéder à une mobilisation précoce de l’articulation qui n’est par ailleurs pas immobilisée après la chirurgie.

Cette rééducation peut prendre différentes formes. Lorsque c’est une simple neurolyse (libération du nerf) qui a été pratiquée, des exercices de mobilisation douce en autonomie sont généralement suffisants. Dans d’autres cas, des séances de kinésithérapie peuvent être nécessaires, notamment si la compression était sévère, que la transposition du nerf a nécessité une dissection importante ou encore quand préexistait une raideur articulaire.

Enfin, les risques liés à l’intervention sont faibles mais existent néanmoins, comme toujours en chirurgie. Ils incluent ceux classiquement inhérents au traitement chirurgical du membre supérieur.  Par ailleurs, les récidives sont rares et les lésions nerveuses dues à l’intervention sont exceptionnelles. Enfin et de manière rarissime, il peut parfois arriver que la formation d’un hématome nécessite une évacuation chirurgicale secondaire.

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